Tout est parti d’une question simple : comment une scène ayant de la profondeur peut être représentée sur une surface plane ?
Quel changement perçoit-on quand on ne regarde plus depuis un point fixe, quand la scène se déplace ou quand l’œil, lui même, se met en mouvement ?
C’est un site que j’aurais aimé trouver quand j’ai commencé à m’intéresser au dessin en perspective.
Les mathématiques sont magnifiques, mais elles sont aussi parfois décourageantes. C’est fascinant quand une construction géométrique révèle ses secrets, mais tellement frustrant si le mur de symboles reste indéchiffrable.
Le défi n’est pas seulement mathématique. Il est de faire un exposé pour celui qui découvre comme pour celui qui veut approfondir le sujet.
Le site sera complété par petits blocs, au fil du temps; je ne suis ni informaticien ni animateur 3D de formation, et les spécialistes de ces outils en savent infiniment plus que moi.
Ce site n’est ni un traité de géométrie projective, ni une histoire exhaustive des techniques de représentation, ni une théorie générale de la perspective.
La profondeur ne se réduit évidemment pas à sa seule construction géométrique : la lumière, les ombres propres et portées, les options de soleil ou de flambeau, les valeurs, la position de la source, le contraste décroissant avec l’éloignement, l’effet atmosphérique ; tout cela y contribue aussi. Ce site s’attache d’abord au graphisme géométrique et à la dynamique de la perspective ; d’autres pistes pourront devenir de futurs articles.
Le niveau requis sera précisé au début de chaque article.
Le parcours part d’un point historique précis: la construction du pavimento (carrelage) chez Alberti pour aller vers la géométrie de la projection centrale , une notion que nous reprendrons pas à pas, puis vers sa traduction en constructions dynamiques et en code informatique.
Avant d’entrer dans le vif du sujet avec la méthode de dessin géométrique d’Alberti, il me semble utile de faire d’abord connaissance avec ce savant.
Leon Battista Alberti naît en 1404 et meurt en 1472. Il étudie le droit canonique à l’université de Bologne, où il obtient son titre en 1428. Entré dans les ordres, il exerce à partir des années 1430 la fonction de secrétaire à la chancellerie pontificale, à Rome, où il rédige des lettres apostoliques, un poste qu’il occupera jusqu’à sa mort. Son statut de clerc lui donne aussi droit à des bénéfices ecclésiastiques, qui constituent l’essentiel de ses revenus. En parallèle de cette fonction administrative, il s’intéresse aux mathématiques et à l’architecture antique. En 1435, il rédige en latin son traité De Pictura, qu’il traduit lui-même en italien l’année suivante sous le titre Della Pittura, cette version italienne étant dédiée à l’architecte Filippo Brunelleschi. Le texte latin ne sera imprimé qu’en 1540, à Bâle. Alberti est aussi l’auteur d’autres traités, notamment De Statua sur la sculpture et De Re Aedificatoria sur l’architecture, achevé vers 1452.
On va présenter les photos de trois de ses réalisations architecturales. J’avoue que je me suis d’abord concentré sur la représentation du carrelage chez Alberti, car c’était intéressant de voir au XVe siècle cette idée originale et pédagogique « cartographier » la profondeur. Ensuite, j’ai voulu découvrir l’architecte après le théoricien. Passons à la visite rapide des œuvres d’architecture .
Leon Battista Alberti (1404-1472) est l’auteur du premier traité connu, sur le <<dessin en perspective>>, un texte fondateur de la Renaissance. Mais Alberti n’était pas seulement un auteur de traités : c’était aussi un architecte accompli, comme en témoigne la basilique Sant’Andrea de Mantoue, l’un de ses derniers grands chantiers.
Vers 1350, la partie basse de la façade est habillée de marbre blanc et vert, dans le style du Baptistère de Florence tout proche — puis le chantier s’arrête faute d’argent pendant plus d’un siècle. Giovanni Rucellai, riche marchand florentin, confie à Alberti le soin de l’achever ; l’ouvrage se termine en 1470. Alberti remplace la porte médiévale d’origine par un grand portail inspiré des temples romains, puis construit toute la partie haute autour de la rosace (la grande fenêtre ronde) déjà en place. Il la surmonte d’un triangle (fronton) orné d’un disque solaire. Un large bandeau de marbre à motifs carrés sépare les deux niveaux, et des colonnes plates plaquées contre le mur (pilastres) encadrent la composition. Le résultat est un dialogue entre deux époques : un style à l’antique posé sur un bas encore médiéval, et les mêmes marbres blancs et verts repris jusqu’en haut, qui assurent l’unité de l’ensemble. Restait à relier le bas, plus large, à la partie haute, plus étroite : Alberti conçoit pour cela deux grandes volutes (des enroulements en spirale), une solution souvent présentée comme nouvelle, et en tout cas très imitée dans les façades d’églises de la Renaissance puis du Baroque.
Réponse 1.
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© Sémi Abdelmoula L'Haÿ-les-Roses 2026